Faire une offre d’achat plus basse que le prix, je tente ou pas  ?

Christelle Privat
mis à jour le
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Vous avez trouvé le logement qui coche toutes les cases, à un détail près : son prix. Bonne nouvelle, rien ne vous empêche de tenter une négociation ! Mais pour faire une offre d’achat plus basse sans voir le bien vous passer sous le nez, mieux vaut proposer un montant cohérent et sortir les bons arguments. Alors, jusqu’où pouvez-vous négocier ?

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Faire une offre d'achat plus basse que le prix, oui, mais mieux vaut avoir bien préparé ses arguments. ©AleksandarNakic — Getty Images
Sommaire

Peut-on faire une offre d’achat plus basse que le prix affiché ?

Vous êtes libre de faire une offre d'achat plus basse que le prix affiché. Le vendeur peut alors accepter votre offre d’achat, la refuser ou vous faire une contre-proposition.

Avant de vous lancer, prenez tout de même la température auprès de l’agent immobilier. Depuis combien de temps le logement est-il en vente ? Le propriétaire a-t-il déjà reçu des offres ? Une négociation est-elle envisageable ? Vous saurez rapidement si vous disposez d’une marge de manœuvre ou si plusieurs acheteurs sont déjà sur les rangs.

Si le vendeur vient de publier son annonce et que les visites s’enchaînent, il sera sans doute peu enclin à revoir son prix. En revanche, après plusieurs mois sans proposition sérieuse, votre offre aura davantage de chances de retenir son attention.

Pour affiner votre analyse, vous pouvez aussi consulter les données publiques de transactions récentes (DVF, disponibles gratuitement en ligne) dans le quartier visé. Elles donnent une idée fiable des prix réellement pratiqués, au-delà du seul prix affiché sur l'annonce.

Comment faire une offre d’achat plus basse que le prix ?

Une offre d’achat plus basse ne se résume pas à choisir un chiffre au hasard. Pour convaincre le vendeur, appuyez-vous sur des éléments précis et faciles à vérifier.

Commencez par comparer le logement avec des biens similaires récemment vendus dans le quartier. Au-delà du prix au mètre carré, regardez l’étage, l’état général, la luminosité, la présence d’un extérieur ou encore les prestations proposées.

En effet, certains critères peuvent justifier une négociation, comme :

  • un prix supérieur à celui du marché local ;
  • une annonce publiée depuis plusieurs mois ;
  • des travaux importants à prévoir ;
  • un DPE peu favorable impliquant une rénovation énergétique ;
  • un plan peu fonctionnel, un vis-à-vis ou des nuisances ;
  • des travaux de copropriété qui pèseront sur votre budget après l’achat.

Des devis donneront plus de poids à votre proposition. Une installation électrique à reprendre pour 8 000 € ou des fenêtres à remplacer pour 12 000 € constituent des arguments plus convaincants pour faire une offre d’achat plus basse que le prix.

Restez toutefois mesuré. Inutile de dresser la liste de tous les défauts du bien pour justifier votre prix, vous risquez surtout de braquer son propriétaire. Présentez votre estimation avec des faits, sans dévaloriser le logement.

Dans l’immobilier neuf, la négociation ne passe pas toujours par une baisse du prix. Le promoteur peut plutôt proposer des frais de notaire offerts, une cuisine équipée, des options supplémentaires ou une place de stationnement.

De combien pouvez-vous baisser votre offre d’achat ?

Il n'existe aucune marge de négociation automatique pour une offre d'achat plus basse. Les écarts observés se situent en moyenne autour de 5% du prix affiché, mais peuvent grimper jusqu'à 10% pour un bien resté longtemps sur le marché ou nettement surévalué.

Par exemple, pour un appartement proposé à 300 000 €, une baisse de 5% correspond à une offre de 285 000 €. Cet écart de 15 000 € doit pouvoir s’expliquer par l’état du bien, les travaux nécessaires ou les prix constatés dans le secteur. Mais, si le logement est déjà affiché au juste prix, réclamer 10% de réduction risque de couper court aux échanges.

Cette marge varie aussi fortement selon les villes. Dans les marchés tendus comme Lyon ou Paris, elle reste généralement contenue entre 3 et 4%, la demande restant soutenue. À l'inverse, dans des villes où l'offre est plus abondante, la négociation peut dépasser 10%. Mieux vaut donc calibrer votre offre selon les tendances de votre marché local plutôt que d'appliquer une moyenne nationale.

Avant de transmettre votre offre, déterminez également votre prix plafond. Vous saurez jusqu’où aller si le vendeur revient vers vous avec une contre-proposition, sans dépasser le budget fixé avec votre banque.

Vous avez eu un véritable coup de cœur ? Tenez-en compte dans votre stratégie. Une petite économie ne vaut pas toujours le risque de perdre un logement qui répond parfaitement à vos critères.

Comment présenter une offre d’achat plus basse ?

Une offre d'achat plus basse bien préparée inspirera davantage confiance. Expliquez brièvement votre calcul et joignez, si nécessaire, les estimations de travaux qui appuient votre demande.

Votre dossier financier peut aussi peser dans la balance. Un accord de principe de la banque rassure le vendeur sur votre capacité d’achat.

Pensez aussi à fixer une durée de validité raisonnable pour votre offre, en général de quelques jours à deux semaines. Cela laisse au vendeur le temps de la réflexion, sans pour autant l'inciter à faire traîner sa réponse ou solliciter d'autres acquéreurs pour faire monter les enchères.

D’autre part, l’offre d’achat doit être formulée par écrit et mentionner notamment :

  • la désignation du bien ;
  • le prix proposé ;
  • la durée de validité de l’offre ;
  • le mode de financement envisagé ;
  • les éventuelles conditions suspensives.

Si vous achetez avec un crédit immobilier, vous devez conserver la condition suspensive d’obtention du prêt. En effet, renoncer à cette protection pour séduire le vendeur vous exposerait à de lourdes conséquences si la banque refusait finalement votre financement.

Ne versez aucune somme au vendeur lors de la remise de votre offre d’achat. Aucun acompte ne peut être exigé à ce stade de la transaction.

Faire une offre d’achat plus basse : quels sont les risques ?

En faisant une offre d’achat plus basse, vous prenez le risque que le vendeur la refuse ou préfère la proposition d’un autre acquéreur. C’est particulièrement vrai si le logement vient d’être mis en vente ou s’il attire déjà beaucoup de visiteurs.

Un refus ne ferme pas toujours la porte. Le propriétaire peut vous faire une contre-proposition et ouvrir une nouvelle phase de négociation. Attention, en revanche, à ne pas viser trop bas, une offre très éloignée du prix affiché risque de le braquer et de vous faire passer à côté du bien.

Si votre offre est refusée, rien ne vous empêche de revenir avec une proposition légèrement réajustée, à condition de ne pas multiplier les allers-retours, au risque de lasser le vendeur ou de laisser le temps à un autre acquéreur de se positionner.

Pour mettre toutes les chances de votre côté, faire appel à un professionnel de l’immobilier peut être la solution. Son regard extérieur et sa connaissance du marché l’aideront à négocier en toute objectivité.

Si le vendeur accepte votre offre d’achat, il s’engage à vous céder le logement au prix et aux conditions indiquées. Le compromis de vente peut alors être signé !

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