Passoires thermiques : l’Île-de-France fait figure de mauvais élève

Christelle Privat 06 fév 2024
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La start-up Hello Watt a établi une étude sur les passoires thermiques en France. Le constat est sans appel. La part de ces logements très énergivores est encore élevée sur le territoire et certaines régions les concentrent. Quelles villes comptent le plus de logements passoires à rénover ? Lesquelles sont dans le top 10 des bons élèves ? On vous fait le topo !

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Immeubles haussmanniens à Paris
Dans le classement des villes de plus de 30 000 habitants, 9/10 sont situées en région parisienne.
Sommaire

5 millions de passoires thermiques en France

5 millions ! C’est le nombre total de passoires thermiques présentes sur le territoire français, soit environ 15,7 % du parc immobilier (au 1er janvier 2023). Pour rappel, les passoires thermiques sont ces logements classés F et G au DPE (diagnostic de performance énergétique). Elles présentent généralement une mauvaise isolation thermique, des dispositifs de chauffage inadaptés, et une consommation énergétique trop élevée (plus de 331 kWh/m2/an d'énergie primaire).

Les efforts en termes de rénovation énergétique doivent être largement poursuivis pour éradiquer ces entités énergivores qui émettent des gaz à effet de serre en grande quantité. La loi climat et résilience fixe le calendrier des interdictions, avec une prochaine échéance en 2025 : l’interdiction de location des passoires thermiques classées F.

Le saviez-vous ?

Hello Watt s’est amusé à dresser le portrait-robot d’une passoire thermique type. Le coupable possède généralement les caractéristiques suivantes : c’est un appartement de 67 m², construit en 1953 et chauffé à l'électricité. « Toutefois, la proportion des passoires thermiques chauffées au fioul est significativement élevée, atteignant 18,5 % (contre 7 % pour la moyenne des logements). »

L’Île-de-France concentre les logements classés F et G

La répartition des passoires thermiques est inégale sur le territoire français. Où sont donc situés les mauvais élèves ? L’étude révèle une importante part de passoires thermiques en région Île-de-France. Dans le classement des villes de plus de 30 000 habitants comptant le plus de logements passoires, 9 sur 10 sont situées en région parisienne.

Top 10 des villes de plus de 90 000 habitants concentrant le plus de passoires thermiques :

  • Paris (42 %)
  • Le Havre (30 %)
  • Nanterre (29 %)
  • Argenteuil (28 %)
  • Saint-Denis (27 %)
  • Rouen (26 %)
  • Boulogne-Billancourt (25 %)
  • Lille (23 %)
  • Amiens (22 %)
  • Avignon (22 %)

*Le classement établi en pourcentage a été réalisé sur les 50 plus grandes villes de France – données base ADEME, pour les DPE réalisés après juillet 2021.

Top 10 des villes de plus de 30 000 habitants concentrant le plus de passoires thermiques :

  • Vincennes (44 %)
  • Colombes (43 %)
  • Paris (42 %)
  • Saint-Maur-des-Fossés (41 %)
  • Montluçon (38 %)
  • Asnières-sur-Seine (35 %)
  • Levallois-Perret (35 %)
  • Versailles (32 %)
  • Clichy (32 %)
  • Montrouge (31 %)

*Le classement établi en pourcentage a été réalisé sur les 250 plus grandes villes de France – données base ADEME, pour les DPE réalisés après juillet 2021.

Pourquoi une si grande concentration de passoires thermiques en région parisienne ? Un premier élément de réponse est la grande densité de logements présents en région Île-de-France. De plus, certaines villes comme Vincennes possèdent un parc immobilier avec un bâti relativement ancien. Viennent s’ajouter le nombre de petites surfaces largement pénalisées par le mode de calcul du DPE, ainsi que les logements haussmanniens difficiles à rénover.

Bon à savoir

Hello Watt a mis à disposition de tous les Français une carte interactive leur permettant de retrouver le DPE de leur logement, juste avec une adresse.

Quels départements comptent le plus de passoires thermiques ?

Si un certain nombre de logements doivent passer par la case rénovation énergétique en Île-de-France, c’est aussi le cas pour la Creuse, le Cantal ou la Lozère. Ces départements font partie des 5 premiers avec les plus fortes concentrations de passoires thermiques.

  • Creuse (52 %)
  • Cantal (50 %)
  • Lozère (49 %)
  • Paris (42 %)
  • Alpes de Haute Provence (39 %)

*Données base ADEME, pour les DPE réalisés après juillet 2021.

Dans les départements comptant de nombreux habitats en F et G, certaines villes de petites tailles montrent une forte concentration de logements passoires. C’est le cas de Modane en Savoie ou 7 DPE sur 10 sont en F et G. Les stations de sports d’hiver, en région montagneuse présentent également de nombreux logements énergivores : « 57 % à La Clusaz et à La Plagne, 56 % à Tignes et 50 % aux Gets ».

Top 10 des bons élèves !

Certaines villes avec un climat plus favorable regroupent moins de 11 % de passoires thermiques sur leur territoire. C’est le cas de :

  • Montpellier (8 %)
  • Perpignan (9 %)
  • Toulon (10 %)
  • Aix-en-Provence (10 %)
  • Nîmes (10 %)
  • Toulouse (10 %)
  • Marseille (10 %)
  • Le Mans (12 %)
  • Montreuil (12 %)
  • Créteil (13 %)

*Le classement établi en pourcentage a été réalisé sur les 50 plus grandes villes de France – données base ADEME, pour les DPE réalisés après juillet 2021.

Le nouveau DPE change la donne

La nouvelle étude de la plateforme Hello Watt s’est appuyée sur des données réalisées avec le nouveau DPE (post juillet 2021). Ce qui explique un nombre de passoires thermiques en explosion comparativement aux études antérieures. Avant le nouveau DPE, Paris comptait 24 % de logements passoires, aujourd’hui, c’est 42 % !

Malgré des améliorations apportées par le nouveau DPE, l’indice n’est toujours pas satisfaisant et de nombreuses voix se font entendre sur le sujet. C’est pourquoi le DPE sera réformé de nouveau. C’est en tout cas ce qu’a annoncé le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, ce mercredi 31 janvier, lors d’une cérémonie de vœux pour la nouvelle année. « Mi-février, j'annoncerai une simplification du DPE qui permettra de conserver l'ambition du calendrier initial tout en fiabilisant le dispositif pour les petites surfaces et en actant des mesures de flexibilité qui permettront aux propriétaires et aux locataires d'aborder la date du 1er janvier 2025 avec plus de confiance », a-t-il précisé. Affaire à suivre…

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