La douceur réconfortante du foyer, la sécurité, le confort : le logement jouerait un rôle essentiel dans notre équilibre mental. C’est l’une des principales conclusions de l’enquête menée en novembre dernier par Notariat Services auprès de 1 146 internautes. Le bien-être immobilier s’impose ainsi aujourd’hui comme un critère déterminant dans le choix d’un logement.
Le logement : bien plus qu’un simple abri contre les intempéries
Autrefois, le choix d’un logement reposait principalement sur des critères objectifs et techniques tels que la qualité de la construction, les caractéristiques du bien (surface, nombre de pièces, etc.), les charges de copropriété ou encore le prix de vente. Aujourd’hui, bien que ces éléments demeurent essentiels, de nombreux acquéreurs intègrent désormais la notion de bien-être immobilier dans leur décision.
Considérer l’habitat comme un élément indissociable de l’équilibre psychologique est un concept qui prend une place croissante, d’autant plus dans des sociétés exigeantes où le stress est omniprésent. La maison devient alors un refuge : un lieu où l’on se reconstruit, où l’on se retrouve et où le repos est possible. Ce constat est largement partagé, puisque 94 % des Français déclarent ressentir un soulagement ou un réconfort en rentrant chez eux.
Les résultats de l’enquête menée par Notariat Services traduisent clairement cet état d’apaisement dès le retour au domicile :
- soulagement immédiat, sentiment de sécurité : 47 % ;
- réconfort progressif : 47 % ;
- indifférence, simple lieu pour dormir : 3 % ;
- anxiété ou stress persistant : 3 %.
Le logement, un pilier essentiel du bien-être psychologique
Sur quoi repose le bien-être immobilier ? Selon l'étude de Notariat Services, trois éléments majeurs en constituent les piliers.
La luminosité
La lumière naturelle influence directement l’humeur. De nombreux répondants reconnaissent ressentir une forme de morosité dans un intérieur sombre ou mal éclairé. Ainsi, 66 % estiment que la luminosité a un impact très positif sur leur bien-être et 58 % se disent prêts à payer davantage pour un logement lumineux, quitte à réduire la surface.
L’organisation des pièces de vie
L’ergonomie et l’agencement des espaces favorisent les interactions sociales. Certaines pièces occupent une place centrale : pour 64 % des répondants, le salon est considéré comme la pièce maîtresse, devant la cuisine (12 %) et la chambre (11 %). La répartition et la superficie des pièces de vie pèsent donc fortement dans la décision d’achat.
L’environnement extérieur
Le bien-être ne se limite pas aux murs du logement. Le quartier — qu’il soit calme, animé ou sécurisé — joue un rôle déterminant. Espaces verts, commerces de proximité et qualité du voisinage composent un écosystème perçu comme rassurant, auquel les habitants se montrent particulièrement sensibles.
Quand le logement exacerbe un sentiment de solitude
Si le logement est une source de réconfort pour une majorité (54 % des répondants déclarent entretenir une relation épanouissante avec leur habitation), il peut aussi devenir synonyme de solitude : 36 % des Français affirment se sentir seuls plusieurs fois par semaine chez eux.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : la hausse des foyers monoparentaux et des ménages composés d’une seule personne, ainsi que le développement du télétravail. Les interactions sociales se raréfient, ce qui peut fragiliser la santé mentale.
Certains évoquent même une relation de dépendance à leur logement, avec des difficultés à en sortir (6 %). Une relation parfois qualifiée de toxique peut alors s’installer.
Le bien-être immobilier face aux avancées technologiques et à l’IA
Malgré l’essor des nouvelles technologies et des intelligences artificielles, l’humain demeure au cœur des métiers de l’immobilier. Les Français privilégient toujours un accompagnement personnalisé, assuré par des professionnels capables d’empathie et de nuance, tenant compte de situations souvent sensibles comme les divorces ou les successions.
Ainsi, 62 % des personnes interrogées se disent ouvertes ou très intéressées par un accompagnement de leur notaire ou de leur agent immobilier intégrant des critères de bien-être (luminosité, convivialité, qualité du quartier). Ces deux professionnels sont perçus comme des conseillers globaux et complémentaires, bien au-delà de leur rôle technique ou juridique.
Comme le souligne François-Xavier Duny, PDG de Notariat Services : « À l’heure où l’IA modélise nos comportements, cette enquête rappelle une vérité essentielle : rien ne remplace l’intelligence humaine des professionnels de l'immobilier, capables d'apprécier la dimension émotionnelle et identitaire d’un lieu de vie. »
Le bien-être immobilier : un enjeu stratégique
Les attentes des acheteurs évoluent dans un contexte où le temps passé à domicile ne cesse d’augmenter. L’acquisition d’un bien immobilier revêt désormais une dimension émotionnelle inédite. Des critères autrefois secondaires — luminosité, présence d’espaces verts, agencement des pièces — sont devenus déterminants. « Le logement n’est plus un simple actif financier, mais un investissement direct dans la santé mentale », selon l'étude.
Ce basculement doit être pleinement intégré par le marché. Si le bien-être immobilier influence fortement les décisions d’achat, il concerne également les vendeurs : valoriser ce sentiment de bien-être au sein d’un logement peut constituer un véritable levier pour faciliter la vente.
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