Immobilier : recul inédit de la part des ménages propriétaires en France

Christelle Privat
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En dix ans, la part des ménages propriétaires de leur résidence principale a diminué en France. C’est ce que révèle la dernière étude chiffrée de l’INSEE, sur le logement. Une baisse qui fait écho à la situation actuelle avec une forte hausse des taux d’intérêt qui rend plus difficile l’accès à la propriété. Décryptage.

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La part de propriétaires est en net recul depuis dix ans
En France, six ménages sur dix sont propriétaires de leur logement.
Sommaire

La part des ménages propriétaires régresse depuis dix ans !

Dans sa note du 10 octobre dernier, l'Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE), dresse un état des lieux du logement en France. Part des ménages, nombre de propriétaires, nombre de logements, part des résidences principales, résidences secondaires, logements vacants, etc. Le rapport est assez complet.

Fait notoire : en dix ans, la part des ménages propriétaires de leur résidence principale a légèrement diminué, passant de 57,7 % en 2013, à 57,2 % en 2023. Six ménages sur dix sont propriétaires de leur logement. Ce rapport en constante augmentation depuis 1983, montre ses premiers signes de faiblesse en 2014, puis continue à diminuer légèrement jusqu’à aujourd’hui. C'est l'un des plus faibles taux de l'Union européenne. 

En parallèle, le nombre de ménages locataires augmente légèrement entre 2013 et 2023, passant de 39,5 % à 40,2 %. Quant au nombre de personnes logées à titre gratuit, il décroît de façon assez spectaculaire puisqu’il passe de 8,2 % en 1983, à 2,6 % en 2023.

Le saviez-vous ?

Chez nos voisins européens, l’accession à la propriété est hétérogène selon les pays. À l’ouest et au sud, les propriétaires ont tendance à être plus nombreux, comme en Roumanie, en Espagne ou en Italie, où les parts des propriétaires atteignent respectivement 95,8 %, 75,4 % et 72,4 %. En revanche, dans des pays comme l’Allemagne ou la Suisse, les propriétaires sont bien moins nombreux. L’Allemagne compte le plus fort taux de locataires en Europe (48,2 %), et l’accession à la propriété en Suisse demeure très compliquée. (chiffres Eurostat, datés de 2018/2019).

37,8 millions de logements en France

Au niveau du nombre de logements présents sur le territoire, l’INSEE recense 37,8 millions de logements en France au 1er janvier 2023 (hors Mayotte). Ce sont 13,4 millions de logements supplémentaires depuis 1983 (soit en 40 ans).

D’autres données intéressantes viennent compléter le tableau. Sur ces 37,8 millions de logements :

  • 82,1 % sont des résidences principales (soit huit logements sur dix).
  • 9,8 % sont des résidences secondaires et des logements occasionnels.
  • 8,2 % sont des logements vacants.

Selon l’INSEE, « depuis les années 1980, le parc de logements en France hors Mayotte s’est accru de 1,1 % par an en moyenne ». Une croissance portée par la construction de logements neufs et la réaffectation de locaux non-résidentiels en logements d’habitation.

Le saviez-vous ?

Dans les DOM hors Mayotte, le nombre de logements croît plus rapidement qu’en France métropolitaine depuis 1983 (+2,4 % par an en moyenne, contre +1,1 %).

Logement individuel ou habitat collectif ?

L’étude de l’INSEE nous renseigne également sur la répartition des logements selon leur type (habitat individuel ou collectif) et selon la taille de l’unité urbaine.

Si le cœur des Français bat davantage pour le logement individuel (80 % le plébiscitent), le parc de logements en France (hors Mayotte) compte 55,1 % d’habitat individuel. Dans l’unité urbaine de Paris, c’est la tendance inverse qui s’observe, la part des logements collectifs est bien plus importante et représente plus de 80 % des logements. En campagne, la part des logements collectifs ne représente que 10,4 % des logements.

Découvrez le prix au mètre carré dans votre zone

Pourquoi un ralentissement de la part des ménages propriétaires en France ?

Si l’accession à la propriété figure parmi les principaux objectifs de vie des Français, force est de constater que le rêve s’éloigne peu à peu. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce constat.

D'abord des prix extrêmement élevés. Ces dernières années, les prix du logement n’ont cessé de croître un peu partout sur le territoire. Toujours selon l’INSEE, « l’indice des prix des logements a connu une hausse de près de 30 % entre 2013 et 2023, pour l’ensemble du territoire métropolitain, tout type d’habitat confondus. ». À Paris, sur cette même période, les prix de l’immobilier ont augmenté de 29,9 %. Ce qui a eu pour conséquence le franchissement de la barre symbolique des 10 000 € le m² dans la capitale, en 2020. Dans certaines villes comme Bordeaux, Rennes, Lyon, ou Strasbourg, la variation des prix de l’immobilier au m² a été supérieure à 55 % de hausse. Cette forte augmentation des prix de l’immobilier en France a limité l’accession à la propriété, malgré le contexte favorable de taux bas en 2021.

Ensuite, une fiscalité de plus en plus lourde pour les propriétaires. Sur la détention, mais également sur la transaction avec l’impôt sur la plus-value par exemple.

Enfin, récemment, le ralentissement du marché de l’immobilier a complexifié de nouveau l’accession à la propriété. La hausse brutale des taux d’intérêt et le durcissement de l’octroi de crédit a encore plus éloigné une partie de la population à la propriété, surtout les primo-accédants. Il faudra observer les impacts de cette nouvelle conjoncture immobilière et économique sur fond d’inflation, dans les mois avenir...

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