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Peut-on utiliser son premier bien immobilier pour financer un second investissement ?

Christelle Privat
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Vous êtes déjà propriétaire d’un premier bien et vous souhaitez financer un second investissement immobilier ? Si l’opération peut sembler délicate de prime abord, il est tout de même utile de rappeler que votre première propriété peut constituer un levier pour de nouvelles opportunités d’achat. Quels mécanismes actionner ? Quelles stratégies pour développer votre patrimoine ? Voilà quelques réponses pertinentes pour vous aider à concrétiser votre rêve de multipropriété… 

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Salon moderne avec un canapé gris et des éléments de déco très colorés.
En immobilier, l’effet de levier permet à l’investisseur d’accroître sa capacité d’investissement grâce à l’emprunt. ©GettyImages
Sommaire

Le principe de l’effet de levier pour un second achat

Notion fondamentale empruntée à la finance d’entreprise, l’effet de levier désigne le mécanisme par lequel le recours à l'emprunt amplifie la rentabilité d’un investissement

En immobilier, l’effet de levier permet à l’investisseur d’accroître sa capacité d’investissement grâce à l’emprunt, pour optimiser le rendement de son patrimoine immobilier et, par là même, la rentabilité des capitaux propres investis. La dette devient alors productive !

Attention ! L’effet de levier peut amplifier aussi bien les gains que les pertes (si l’actif en question n’est pas rentable). C’est pourquoi il est important de bien cadrer votre investissement locatif (emplacement, vacance locative, perspective à la revente, optimisation fiscale, etc.). La maîtrise de l’effet de levier est donc un outil redoutable à intégrer à votre stratégie d’investissement immobilier, mais avec précaution. 

Bon à savoir !

L’effet de levier du crédit est également pertinent avec de l’investissement immobilier indirect (SCPI, crowdfunding immobilier, etc.).

L’effet de levier positif

L’effet de levier immobilier est dit positif lorsque le rendement net de l’investissement est supérieur au coût total du crédit. À titre indicatif, on considère qu’un rendement net (après charges et fiscalité), supérieur au TAEG (taux annuel effectif global) de votre prêt constitue un signal favorable.

Prenons un exemple : un investisseur achète un appartement de 250 000 € financé par un prêt immobilier dont le TAEG est de 3 %. Après déduction des charges courantes, des frais de gestion et des impôts, le bien génère un rendement net de 5 % par an. Dans cette situation, le rendement de l'investissement est supérieur au coût global du crédit. L'effet de levier est donc positif : l'emprunt permet de financer un actif dont la rentabilité excède le coût de la dette, ce qui contribue à améliorer le rendement des capitaux propres investis.

Le saviez-vous ?

Pour un investissement locatif, la part d’autofinancement minimal généralement admise est d’environ 10 %. Toutefois, avec un apport personnel supérieur, vos chances d’obtenir un prêt sont meilleures, et parfois, la banque peut concéder à de meilleures conditions de crédit. 

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Comment s'appuyer sur son premier bien pour emprunter à nouveau ?

Plusieurs options sont envisageables pour réussir à financer un second investissement immobilier : revente, investissement locatif, crédit hypothécaire… Il convient d’évaluer attentivement chaque stratégie afin de choisir la plus adaptée à vos objectifs patrimoniaux et à votre contexte financier. 

La revente ou la mise en location : quelle est la meilleure stratégie ?

La revente du premier bien ou sa mise en location sont peut-être les deux solutions les plus communes pour acheter un second bien immobilier. Y a-t-il vraiment une stratégie à privilégier ? 

Vendre votre premier bien immobilier est sans doute l’option la moins contraignante et la plus sécurisée, pour financer le second. Vous récupérez le capital du crédit remboursé et parfois une plus-value si le bien a pris de la valeur entre-temps. Attention, dans certaines villes, comme Paris, les biens se sont dévalorisés ces six dernières années, et les propriétaires revendent parfois à perte. 

Malgré tout, la vente de votre bien vous offre la possibilité de proposer à la banque un apport plus conséquent, ce qui vous permet de maximiser votre capacité d’emprunt. C’est une occasion pour investir dans un bien plus spacieux par exemple. Cette stratégie permet la réalisation d’un projet familial sur le long terme. Toutefois, il faut garder en tête que la revente signifie aussi le renoncement aux revenus potentiels que le bien pourrait générer…

Si votre objectif est d’agrandir votre patrimoine immobilier, alors la transformation de votre résidence principale en logement locatif est une option viable. Vous empochez des revenus locatifs, et vous développez progressivement votre patrimoine. Cette option permet également de bénéficier d'une éventuelle hausse de la valeur du bien sur le long terme tout en préparant sa retraite grâce à un patrimoine immobilier diversifié.

Cependant, il convient d’avoir des revenus relativement élevés ou un crédit initial quasiment remboursé pour obtenir un financement de la banque. De plus, il ne faut pas négliger les charges à supporter (assurances, taxes foncières, etc.), pour que l’effet de levier soit positif. 

Connaissez-vous le crédit hypothécaire ?

Pour financer un second projet immobilier, on pense rarement au crédit hypothécaire. Et pour cause, le mot « hypothèque » est généralement associé à l’emprunteur en passe de tout perdre. Pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près, le crédit hypothécaire est semblable à un prêt amortissable classique, et il permet de mobiliser la valeur d’un patrimoine, sans le vendre. 

Comment fonctionne-t-il ? Le prêt hypothécaire s’adresse aux secundo-accédants, c’est-à-dire aux porteurs de projets possédant déjà un patrimoine immobilier. Concrètement, l’emprunteur met son bien en garantie pour financer son nouvel achat immobilier. De cette façon, la banque dispose d’une garantie en cas de défaillance de l’emprunteur qui aurait du mal à rembourser ses échéances. 

L’estimation du bien immobilier permet de connaître le montant du prêt hypothécaire. La banque concède généralement entre 50 et 80 % de la valeur du bien. Si l’emprunteur se retrouve dans une impasse, la banque a le droit de saisir le bien hypothéqué. 

Second crédit immobilier : quels sont les critères des banques en 2026 ?

Plusieurs éléments entrent en ligne de compte pour l’obtention d’un second crédit immobilier. La solidité du dossier (capacité de remboursement, taux d’endettement, etc.), mais également la cohérence du projet immobilier et la stratégie patrimoniale globale sont les principaux points d’attention. 

Le taux d'endettement et le calcul différentiel

Il est possible d’obtenir un nouveau crédit immobilier avec un crédit en cours. La banque étudiera une nouvelle demande de financement en analysant les éléments usuels : capacité d’emprunt, calcul du taux d’endettement, situation personnelle de l’emprunteur, etc. 

En règle générale, elle sera très attentive au taux d’endettement maximum qui s’élève désormais à 35 % des revenus nets, assurance emprunteur incluse. Elle peut difficilement déroger à cette règle édictée par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), même si elle peut s’autoriser quelques écarts. En effet, la banque dispose d’une marge de flexibilité de l’ordre de 20 % de dossiers dérogatoires ; toutefois, votre reste à vivre devra être conséquent et votre projet d’investissement solide, pour assumer de nouvelles mensualités de crédit, malgré un emprunt déjà en cours de remboursement.

Autre élément important à prendre en compte : la fin de l’endettement différentiel. Depuis janvier 2022, les loyers perçus dans le cadre d’un investissement locatif ne rentrent plus dans le calcul de la capacité d’emprunt. Désormais, l’intégralité des mensualités de crédit est comptabilisée, même en présence de loyers : une épine dans le pied des nouveaux emprunteurs…

L'importance de l'apport personnel pour le second projet

L'apport personnel reste un atout majeur. Même si certains financements sont possibles sans apport, disposer d'une épargne démontre une bonne capacité de gestion financière et réduit le risque pris par la banque. En 2026, un apport représentant environ 10 % du coût total de l'opération reste généralement attendu par les banques.

À vous de jouer ! 

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