Immobilier en bord de mer : où en sont les prix dans les stations balnéaires françaises ?

Blandine Rochelle
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Acheter un bien au bord de la mer reste un projet qui séduit de nombreux Français, que ce soit pour une résidence secondaire, un investissement locatif ou une future résidence principale. Toutefois, les prix n'évoluent pas de la même manière selon les littoraux. Certaines stations balnéaires poursuivent leur hausse, tandis que d'autres connaissent un ralentissement, voire une baisse. Tour d'horizon des grandes tendances du marché immobilier en bord de mer.

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Avec ses 18 047 €/m², Saint-Jean-Cap-Ferrat est la station balnéaire la plus chère de France, et permet d'acheter une douzaine de m² pour 250 000 €. © JMLPYT - Getty images
Avec ses 18 047 €/m², Saint-Jean-Cap-Ferrat, la station balnéaire la plus chère de France, permet d'acheter une douzaine de m² pour 250 000 €. © JMLPYT – Getty Images
Sommaire

Le marché immobilier du littoral résiste mieux que le reste de la France

Après plusieurs années marquées par l'engouement pour les résidences secondaires et le développement du télétravail, les stations balnéaires continuent de faire preuve d'une certaine résilience.

Les dernières données de SeLoger montrent que les stations balnéaires résistent mieux que l'ensemble du marché immobilier : au 1er juillet 2026, les prix y progressent en moyenne de 0,9 % sur un an, tandis qu'ils reculent de 0,4 % à l'échelle nationale. Cette moyenne masque toutefois de fortes disparités selon les régions. Certaines côtes, comme la Corse, enregistrent encore de fortes hausses, tandis que la Manche est désormais le seul littoral où les prix reculent. Pour les acheteurs, il est donc plus que jamais essentiel d'étudier les dynamiques locales avant de concrétiser leur projet.

Alors que les prix de l'immobilier baissent légèrement au niveau national, le bord de mer conserve son attractivité, grâce à une demande toujours soutenue et à une offre limitée dans de nombreuses communes. Cette résistance est particulièrement visible sur les marchés où le foncier est rare et où la qualité de vie constitue un véritable atout.

Cependant, derrière cette stabilité apparente se cachent des réalités très différentes selon les façades maritimes. Certaines régions enregistrent encore de fortes hausses tandis que d'autres connaissent désormais une phase de correction, après les records atteints à la sortie de la crise sanitaire.

La Corse affiche la plus forte hausse des prix

Avec une progression de 8,5 % sur un an, la Corse enregistre la plus forte hausse de toutes les côtes françaises, selon SeLoger. Le prix moyen y atteint désormais 4 217 €/m².

Cette évolution s'explique notamment par un rattrapage. Entre 2020 et 2022, l'île avait connu une augmentation des prix plus modérée que les autres régions littorales. Depuis 2024, la demande s'est fortement accélérée.

Les communes corses les plus recherchées affichent désormais des niveaux élevés :

  • Corbara : 6 742 €/m²,
  • Lecci : 6 681 €/m²,
  • Coti-Chiavari : 6 315 €/m².

À l'inverse, certaines stations restent nettement plus abordables, comme Valle-di-Campoloro (2 371 €/m²) ou Aléria (2 439 €/m²), et permettent encore d'acheter un logement au bord de la mer à un prix inférieur à la moyenne nationale.

La Bretagne confirme sa solidité

La Bretagne reste l'un des marchés les plus dynamiques sur le long terme. Les prix y progressent encore de 1,1 % sur un an pour atteindre 4 107 €/m², en moyenne.

Depuis 2019, les prix ont bondi de 38,5 %, soit la plus forte progression cumulée de tous les littoraux français. Contrairement à d'autres régions, le marché breton n'a connu aucune véritable phase de recul depuis la crise sanitaire.

Cette bonne tenue s'explique par plusieurs facteurs : une qualité de vie appréciée, un environnement naturel préservé, mais aussi des prix qui demeurent plus accessibles que sur la Côte d'Azur ou certaines stations de la façade atlantique.

Les communes les plus onéreuses restent l'Île-aux-Moines (6 867 €/m²), La Trinité-sur-Mer (6 722 €/m²) ou encore Saint-Briac-sur-Mer (6 669 €/m²). À l'opposé, Ploéven (2 098 €/m²) ou Landévennec (2 362 €/m²) figurent parmi les stations les plus accessibles du littoral français.

PACA : un marché toujours très haut de gamme

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur demeure le territoire le plus cher de France pour acheter au bord de la mer.

Le prix moyen atteint désormais 6 145 €/m², en hausse de 1,6 % sur un an. Depuis 2019, les prix ont progressé de 23,7 %, sans véritable période de baisse.

La rareté du foncier, l'attractivité internationale de certaines stations et une offre structurellement limitée continuent d'alimenter la hausse.

Sans surprise, Saint-Jean-Cap-Ferrat conserve sa place de station balnéaire la plus chère de France, avec 18 047 €/m², devant Ramatuelle (16 135 €/m²) et Saint-Tropez (15 073 €/m²).

Sur le segment de l'immobilier de prestige, le prix médian atteint même 11 000 €/m² sur le littoral PACA et dépasse 22 000 €/m² à Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Les stations balnéaires progressent en moyenne de +0,9 % sur un an, quand le marché immobilier français recule de -0,4 % sur la même période. Le bord de mer résiste.

Le littoral atlantique retrouve progressivement un équilibre

Après les très fortes hausses enregistrées entre 2019 et 2022, le marché de la façade atlantique semble aujourd'hui retrouver un rythme plus mesuré.

Les prix progressent de seulement 0,2 % sur un an pour atteindre 5 249 €/m², en moyenne.

Cette stabilisation intervient après une correction de 5,6 % depuis le pic observé fin 2022. Les prix restent néanmoins nettement supérieurs à ceux d'avant la pandémie.

Les stations les plus prestigieuses demeurent Lège-Cap-Ferret (13 714 €/m²), Soorts-Hossegor (10 493 €/m²) et Les Portes-en-Ré (10 173 €/m²).

À l'inverse, Royan (3 961 €/m²) ou Saint-Gilles-Croix-de-Vie (4 334 €/m²) offrent des alternatives plus accessibles pour les acquéreurs.

La Manche est le seul littoral en baisse

Toutes les façades maritimes ne suivent pas la même tendance, et la Manche est aujourd'hui le seul littoral français où les prix reculent. SeLoger enregistre une baisse de 1,4 % sur un an pour un prix moyen de 3 982 €/m².

Cette correction intervient après une forte progression de 32 % depuis 2019. Elle concerne principalement les maisons, très recherchées durant la période de généralisation du télétravail.

Le Touquet-Paris-Plage reste la station la plus chère du secteur, avec un prix moyen de 8 605 €/m², devant Deauville (7 351 €/m²) et Benerville-sur-Mer (6 584 €/m²).

À l'opposé, Woignarue affiche le prix le plus bas de toutes les stations balnéaires françaises, à seulement 1 790 €/m², devant Geffosses (1 919 €/m²).

Le Languedoc-Roussillon demeure le littoral le plus accessible

Avec un prix moyen de 3 961 €/m², le Languedoc-Roussillon reste le littoral le moins cher de France.

Après une légère baisse en 2025, les prix repartent modestement à la hausse (+0,4 %). Le marché apparaît aujourd'hui relativement stable, après plusieurs années de forte progression.

Les stations les plus recherchées restent Palavas-les-Flots (5 364 €/m²), Collioure (5 302 €/m²) et La Grande-Motte (5 234 €/m²).

Pour les acquéreurs disposant d'un budget plus limité, Port-la-Nouvelle (2 722 €/m²) et La Palme (2 707 €/m²) permettent encore d'acheter un bien en bord de Méditerranée à moins de 3 000 €/m².

Que permet réellement d'acheter un budget de 250 000 € ?

L'étude de SeLoger illustre les écarts spectaculaires entre les différentes stations françaises, à prix égal.

Avec un budget global de 250 000 € – frais d'agence et frais de notaire inclus –, la surface accessible varie considérablement selon la destination choisie.

À Saint-Jean-Cap-Ferrat, ce budget permet d'acquérir une douzaine de m². À l'inverse, il est possible d'acheter jusqu'à 124 m² à Woignarue, dans la Manche.

Entre ces deux extrêmes, les différences restent importantes. En Bretagne ou en Corse, un budget de 250 000 € donne généralement accès à un appartement de 30 à 35 m² dans les stations les plus recherchées, tandis qu'il permet d'acquérir plus de 90 m² dans les communes les plus accessibles.

Comme le souligne Imane Selmane, économiste chez SeLoger, « le littoral continue de mieux résister que le reste du marché, mais derrière cette moyenne se cachent des situations très différentes. Plus que jamais, il faut regarder les dynamiques locales avant d'acheter ».

Avec 250 000 €, on peut envisager les surfaces suivantes : 62 m² à Hontfleur (Manche), 59 m² à Perros-Guirec (Bretagne), 56 m² à Royan (Atlantique) ou encore à Sète (Languedoc-Roussillon), 55 m² à Propriano (Corse) et 43 m² à Saint-Raphaël (PACA).

Méthodologie

Source Prix : SeLoger-Meilleurs Agents au 1er juillet 2026 – Prix appartements et maisons confondus

SeLoger 1er juillet 2026. Stations balnéaires : communes avec au moins une plage et un ratio de résidences secondaires > 20 %

Budget 250 000 €, frais d'agence (5 %) et de notaire (7 %) inclus, formule : 250 000 / (1,05 × 1,07)

Immobilier de prestige : prix médian sur les biens > 500 000 €

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