Taxe foncière : votre impôt va-t-il augmenter en 2026 ?

Vincent Cuzon
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Après cinq années de forte progression, la taxe foncière connaît une hausse plus modérée en 2026. Mais ce répit pourrait être temporaire. Inflation, révision des valeurs locatives et taxation des logements vacants risquent de peser sur les propriétaires dès 2027.

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En 2026, la taxe foncière augmente de façon modérée pour une grande majorité de Français. © shapecharge – Getty Images
En 2026, la taxe foncière augmente de façon modérée pour une grande majorité de Français. © shapecharge – Getty Images
Sommaire
En résumé
  • Revalorisation limitée à 0,8 % des valeurs locatives en 2026.
  • Seules 13% des communes augmentent leur taux.
  • 2027 : risque d'une hausse plus forte de la taxe foncière liée à l'inflation.
  • Exonérations possibles de la taxe foncière selon âge, ressources, handicap, allocations...

Taxe foncière : une hausse limitée en 2026

La taxe foncière est l’une des principales ressources des collectivités territoriales. Essentielle aux communes, elle finance notamment l’entretien des routes, des espaces verts, des écoles et des bâtiments municipaux, ainsi qu’une partie des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS).

Malgré son poids croissant pour les 32 millions de propriétaires concernés, la taxe foncière connaît une accalmie en 2026 après cinq années de hausse continue. La revalorisation forfaitaire des valeurs locatives sera limitée à 0,8 %, contre 1,7 % en 2025 et 3,9 % en 2024. Appliquée automatiquement dans toute la France, cette hausse suit l’évolution de l’inflation.

Par ailleurs, seules 13 % des mairies ont choisi d’augmenter leur taux en 2026. Parmi elles figurent Aulnay-sous-Bois (+29,9 %), Montrouge (+25 %) ou Ajaccio (+19 %). La hausse la plus marquée concerne Saint-Genès-du-Retz, un village de 500 habitants dans le Puy-de-Dôme, où le taux communal augmente de 65 %.

Dans les communes concernées, la taxe foncière a donc pu grimper de plusieurs centaines d’euros. Les maires justifient ces décisions par la baisse des dotations de l’État ou par la nécessité de rééquilibrer les finances locales. Ces hausses restent toutefois exceptionnelles : dans 85 % des cas, l’augmentation du taux communal ne dépasse pas trois points de pourcentage. Quelques villes, dont Nice, ont même choisi de réduire leur taxe foncière.

Les années post-élections municipales sont souvent marquées par une stabilisation de la taxe foncière.

2027 devrait être marquée par des hausses plus importantes

Si 2026 devrait offrir un répit aux propriétaires, cette pause risque d’être de courte durée. Dès 2027, la taxe foncière pourrait repartir à la hausse sous l’effet combiné de l’inflation et de nouvelles réglementations pesant surtout sur les logements anciens ou vacants. La revalorisation annuelle des valeurs locatives cadastrales, qui sert de base au calcul de l’impôt, est directement liée à l’inflation. Or, celle-ci devrait repasser au-dessus de 2 % en 2026 selon l’Insee, voire atteindre jusqu’à 2,5 % d’après la Banque de France. Cette progression se répercutera mécaniquement sur la valeur locative de votre logement, puis sur le montant de votre taxe foncière l’année suivante.

Par ailleurs, les logements construits avant les années 1970, date d’établissement des valeurs locatives cadastrales, pourront voir leur valeur locative révisée si des éléments de confort aujourd’hui absents des fiches descriptives sont pris en compte (WC, eau courante, etc.). Un quart des maisons et 15 % des appartements sont potentiellement concernés, soit près de 7,4 millions de logements, pour un surplus moyen de taxe foncière évalué à 63 €.

Les logements laissés vacants seront également davantage ciblés par la nouvelle taxe sur la vacance des locaux d’habitation, remplaçant les actuelles taxes annuelles sur les logements vacants (TLV) et d’habitation sur les logements vacants (THLV). Si elle est similaire aux taxes qu’elle remplace, les collectivités locales pourront voter une hausse de son taux jusqu’à 60 % en zone tendue et jusqu’à 50 % sur le reste du territoire.

Qui doit payer la taxe foncière et comment son montant est-il déterminé ?

En tant que particulier, vous êtes redevable de la taxe foncière si vous êtes propriétaire ou usufruitier d’un logement au 1er janvier de l’année d’imposition, même si ce bien est loué.

Pour être imposable, le bien doit être fixé au sol, c’est-à-dire ne pas pouvoir être déplacé sans être démoli, et présenter les caractéristiques d’un véritable bâtiment. Sont notamment concernés les maisons, appartements, parkings, dépendances immédiates d’une construction, bâtiments professionnels, installations industrielles ou commerciales, certains terrains à usage économique, ainsi que les bateaux aménagés et utilisés en point fixe.

La taxe est due pour l’année entière selon la situation constatée au 1er janvier. Son montant est calculé à partir de la valeur locative cadastrale du bien, qui correspond au loyer annuel théorique qu’il pourrait produire s’il était loué. Cette valeur est actualisée et revalorisée chaque année, puis réduite d’un abattement forfaitaire de 50 % afin de tenir compte des frais de gestion, d’assurance, d’entretien, de réparation et d’amortissement. La base obtenue est ensuite multipliée par les taux votés par les collectivités territoriales.

Taxe foncière : les cas d’exonération

Il existe plusieurs cas d’exonération ou de réduction de la taxe foncière, selon votre âge, vos revenus et votre situation personnelle au 1er janvier de l’année d’imposition.

En 2026, vous pouvez être totalement exonéré si vous percevez l’allocation de solidarité aux personnes âgées ou l’allocation supplémentaire d’invalidité. L’exonération peut aussi s’appliquer si vous aviez plus de 75 ans au 1er janvier 2026 et si votre revenu fiscal de référence de 2025 ne dépasse pas un plafond fixé en fonction de la composition de votre foyer.

Les bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés peuvent également être concernés, sous réserve de respecter ce même type de condition de ressources. Une réduction de 100 € peut aussi être accordée aux propriétaires âgés de plus de 65 ans et de moins de 75 ans au 1er janvier 2026, si leurs revenus restent inférieurs au plafond prévu.

Une exonération temporaire de taxe foncière peut aussi être accordée pour une construction nouvelle ou une reconstruction, ainsi que pour un logement ancien qui a fait l’objet de travaux d’économie d’énergie, dans certaines communes et sous conditions.

Vous n’avez aucune démarche à effectuer pour bénéficier de l’exonération de taxe foncière.

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