Annoncée comme l’année de la reprise, 2025 a-t-elle tenu toutes ses promesses pour le marché immobilier ? À l’occasion du premier baromètre de cette nouvelle année, les data-scientists de Meilleurs Agents dressent le bilan des 12 derniers mois et vous livrent les grandes tendances pour 2026. Suivez le guide !
Une année 2025 marquée par un retour à la normale
Après deux années de fortes turbulences, le marché immobilier semble enfin avoir trouvé son équilibre en 2025. Les chiffres parlent d’eux-mêmes… Le nombre de transactions a atteint environ 929 000 ventes sur les douze derniers mois à fin octobre 2025, soit une hausse non négligeable de 11 % sur un an.
Du côté des prix, si la tendance repart à la hausse sur l’ensemble du territoire, le rythme reste mesuré, traduisant ainsi un marché plus sain et loin des excès observés avant 2022.
Sur un an, les prix de l’immobilier progressent de 1,6 % en moyenne en France, avec des dynamiques différentes selon les villes. Paris affiche une hausse de 2,9 %, tandis que Toulouse, Bordeaux, Marseille ou Montpellier enregistrent des hausses plus contenues.
La majorité des grandes villes évoluent dans une fourchette comprise entre +1 % et +3 %. Certaines se distinguent toutefois par une progression plus soutenue, à l’image de Nice, où les prix augmentent de 3,3 % sur un an. À l’inverse, Nantes fait figure d’exception, avec des prix encore en baisse (-3,9 %), même si le recul est nettement moins marqué qu’en 2024.
À noter que le marché locatif est également en phase d’amélioration. La hausse des loyers s’est nettement calmée, autour de +1,3 % sur un an, contre près de +3 % un an plus tôt. Ce ralentissement s’explique notamment par le retour sur le marché de l’achat d’une partie des ménages jusqu’ici contraints de rester locataires. Seule ombre au tableau, la tension sur l’offre locative demeure très forte dans les zones tendues, en particulier à Paris.
Vers une stabilisation des conditions de financement
Autre bonne nouvelle pour ce premier baromètre de l’année, les taux de crédit immobilier semblent également avoir trouvé leur point d’équilibre. Depuis le printemps 2025, ils se sont stabilisés autour de 3,5 % sur 25 ans et 3,4 % sur 20 ans.
Un niveau plus élevé que celui anticipé en début d’année 2025, où un retour sous les 3 % était encore espéré. Cette déception a temporairement freiné le marché au printemps, avant qu'une dynamique plus favorable ne s’installe au second semestre.
Pour 2026, le scénario privilégié est celui d’une stabilité durable, avec tout au plus quelques ajustements marginaux possibles en début d’année. Les incertitudes macroéconomiques, la politique monétaire prudente et les taux longs élevés limitent les marges de manœuvre.
Dans ce contexte, les ménages semblent désormais mieux armés : la demande a retrouvé des niveaux proches de ceux de 2021, preuve que les nouvelles règles du jeu sont désormais intégrées.
Une année 2026 conditionnée aux incertitudes politiques
« Aujourd’hui, au-delà des conditions financières, l’incertitude politique constitue un facteur de frein important à la projection des ménages sur le marché immobilier », souligne Thomas Lefebvre, vice-président Data de SeLoger et Meilleurs Agents.
Il faut dire que l'immobilier engage sur 15 à 25 ans. Dans ce contexte, l'imprévisibilité des règles pèse sur les décisions, plus que les niveaux des taux eux-mêmes. Si le logement semble être redevenu un sujet central du débat public, cette prise de conscience peine encore à se traduire par une stratégie lisible, cohérente et stable en matière de politique du logement.
Pourtant, les professionnels du secteur sont unanimes : sans cadre stable pour l’investissement et la production de logements, la crise ne pourra pas se résorber durablement. « Tant que cette stabilité ne sera pas installée, l’attentisme pourrait rester fort, même dans un contexte de normalisation progressive des conditions financières », conclut Thomas Lefebvre.
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