Je rêve d’une cuisine ouverte : comment faire ?

Juliette Cadot
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Ouvrir la cuisine sur le séjour est souvent l’un des premiers réflexes, lorsque l'on souhaite moderniser un logement. Mais, entre contraintes, aménagement et démarches administratives, comment créer la cuisine ouverte dont on rêve, sans mauvaises surprises ? Voici tout ce qu'il est important de savoir avant de se lancer. 

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©YinYang — Getty Images
Moderne et fonctionnelle, une cuisine ouverte fait toujours son petit effet ! ©YinYang – Getty Images
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Votre logement permet-il vraiment d’ouvrir la cuisine ?

Avant de penser mobilier et îlot central, il faut vérifier si ouvrir une cuisine ouverte a réellement du sens dans votre logement. Une cloison peut sembler simple à abattre, mais tous les intérieurs ne se prêtent pas à ce type d’aménagement.

Lorsque la cuisine et le séjour sont mitoyens, l’ouverture s’intègre généralement bien : la pièce de vie gagne en volume et en lumière. En revanche, si la cuisine se trouve dans une pièce isolée, au bout d’un couloir ou à l’opposé du salon, ouvrir ne suffit pas. Il faut alors envisager une nouvelle implantation dans le séjour, ce qui change totalement la logique des travaux.

Enfin, certains biens présentent des contraintes de forme : salon en longueur, angles difficiles, pièces traversantes… Dans ce type de cas, l’ouverture totale n’est pas toujours la meilleure option. Une ouverture partielle permet de préserver l’équilibre de la pièce, tout en apportant de la lumière.

Un test sur un logiciel de conception 3D permet de visualiser l’ouverture de votre cuisine et de vérifier en quelques secondes si la pièce reste équilibrée, une fois le mur supprimé.

Cuisine ouverte : les vérifications indispensables à faire en amont

Avant de sortir la masse, il faut répondre à une question décisive : quel mur allez-vous ouvrir ou abattre ?

S’il s’agit d’une simple cloison, l’ouverture reste généralement simple à réaliser. Le chantier avance vite, les reprises sont limitées et aucun renfort structurel n’est nécessaire.

Dès qu’on touche à un mur porteur, la logique change totalement : un bureau d’études ou un ingénieur structure doit vérifier les charges et définir la solution de reprise adaptée : poutre IPN, portique métallique, poteaux… Ces éléments garantissent la stabilité du bâtiment et conditionnent aussi la largeur finale de l’ouverture.

Cependant, une cloison peut aussi dissimuler des câbles électriques, une arrivée d’eau, une évacuation, un conduit de gaz ou une bouche de VMC. Leur repérage évite les mauvaises surprises et permet de préparer les éventuels ajustements techniques ou mises aux normes.

En appartement, ces vérifications sont encore plus importantes : certains immeubles anciens comportent en effet des murs semi-porteurs ou des réseaux collectifs, qui traversent des parois en apparence légères. Ouvrir une cuisine sans étude préalable entraîne donc parfois des travaux plus lourds que prévu

Quelles démarches administratives prévoir ?

En maison individuelle, créer une cuisine ouverte ne demande aucune autorisation particulière, tant que l’aspect extérieur du logement n’est pas modifié. 

En revanche, si vous abattez un mur porteur pour créer une cuisine ouverte dans votre appartement, vous devez en demander l’autorisation en assemblée générale des copropriétaires.

Le syndic exigera alors un dossier complet : plan d’aménagement, étude technique du bureau d’études, et parfois une attestation d’assurance de l’entreprise qui réalisera les travaux.

Même pour une cloison non porteuse, prévenir le syndic reste recommandé, surtout si des réseaux collectifs passent dans la paroi ou si le chantier génère bruit et nuisances.

Pour les projets plus ambitieux, comme un déplacement de cuisine, la création d’une nouvelle fenêtre ou encore une intervention en façade, une vérification des règles locales d’urbanisme s’impose. En effet, une déclaration préalable de travaux pourrait être demandée, selon la nature des travaux.

En copropriété, l’ouverture d’un mur porteur doit être appuyée par une étude structurelle, réalisée par un bureau d’études agréé. Elle est indispensable pour obtenir l’autorisation en assemblée générale. Son coût varie généralement entre 500 € et 1 500 €, selon la complexité du bâtiment.

Et si créer une cuisine ouverte n’est pas possible… ?

Dans certains logements, la structure ou la présence d’une gaine empêche d’abattre un mur entièrement. Cela n’exclut pas pour autant l’idée d’une cuisine semi-ouverte sur le séjour. En effet, plusieurs solutions permettent d’alléger l’espace, sans toucher au gros œuvre :

  • L’ouverture partielle reste souvent le meilleur compromis. On crée une grande découpe dans le mur plutôt que de le supprimer, ce qui laisse entrer la lumière, tout en conservant les appuis porteurs. Une solution fréquente dans les appartements anciens.
  • La pose d’une verrière décloisonne, sans ouvrir complètement, et maintient un contact visuel entre les pièces. Petite ou grande, elle limite aussi la diffusion des odeurs.
  • Le passe-plat fonctionne bien, lorsqu’une grande ouverture n’est pas possible. Il apporte de la luminosité, facilite le service et évite de toucher à la structure.

Bien penser l’aménagement d’une cuisine ouverte

Une cuisine ouverte doit s’intégrer, sans déséquilibrer le séjour. La délimitation des zones est donc essentielle : 

  • Un îlot structure naturellement l’espace et offre du rangement. 
  • Dans les pièces étroites, un bar ou un retour en “L” assure la même fonction avec une circulation plus fluide. 
  • Verrières et claustras permettent quant à eux de séparer sans fermer, tout en laissant passer la lumière.

Comme les deux pièces se perçoivent d’un seul regard, couleurs, matériaux et éclairage doivent rester cohérents. Une palette de couleurs réduite, des finitions et une décoration harmonieuse suffisent à créer une unité visuelle.

Reste le confort au quotidien : odeurs, bruit des appareils, vaisselle visible… Une hotte efficace, un électroménager silencieux et des rangements fermés améliorent nettement la qualité de vie dans une pièce ouverte.

Une hotte intégrée dans le plafond ou dans l’îlot allie discrétion et efficacité. Un choix particulièrement adapté aux pièces totalement ouvertes.

Créer une cuisine ouverte : combien ça coûte ?

Le coût dépend surtout du type de mur et de l’ampleur de l’aménagement. Une ouverture simple reste accessible, mais dès qu’un mur porteur ou un réaménagement complet entre en jeu, le budget augmente rapidement :

  • Pour une cloison non porteuse : il faut compter 500 à 1 000 € pour la dépose et les finitions.
  • Sur un mur porteur, les travaux sont plus techniques : de 2 000 € à plus de 5 000 €, selon la largeur de l’ouverture et le renfort nécessaire (IPN, portique, linteau).
  • L’aménagement de la cuisine représente entre 5 000 et 15 000 € pour une cuisine équipée standard. Prévoyez davantage pour des matériaux haut de gamme, un îlot sur mesure ou de l’électroménager premium.

Des frais annexes peuvent s’ajouter : déplacement de réseaux, mise aux normes électriques, changement de sol, éclairage ou peinture. Selon la configuration, ils ajoutent généralement 1 000 à 3 000 € au budget global.

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