“Entreprendre, c’est passer un engagement avec vous-même”

03 mar 2022
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Découvrez l'interview de Marielle Cazeaux, formatrice en immobilier, à l'occasion de la sortie de son livre Je signe en bas à droite. Un guide pour aider les femmes à entreprendre.
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Sommaire

Avec Je signe en bas à droite, Marielle Cazeaux nous offre un premier livre à son image : libre et pétri d’ambition. Un guide riche de témoignages et de conseils pour celles (et ceux) qui souhaitent entreprendre leur vie. Rencontre.

- Votre livre met à l’honneur les femmes qui mènent de grandes carrières dans l’immobilier. Comment est née l’envie de l’écrire ? 

Il y a quelques années, alors que j’animais des formations pour le Fichier AMEPI, des femmes venaient me confier qu’elles avaient un rêve mais qu’elles n’osaient pas se lancer. Et les mêmes raisons revenaient sans cesse : “j’élève seule mes enfants”, “je n’ai pas assez d’argent”, “je n’ai pas de diplôme"... L’idée de ce livre m’est venue naturellement. Je me suis intéressée à la place des femmes dans l'entreprenariat. J’ai voulu comprendre pourquoi elles n’osaient pas davantage. Et j’ai compris : parce qu’elles subissent les croyances des autres. Tout au long de notre vie, nous sommes influencés par ces croyances alors autant choisir les nôtres, celles qui nous rendent heureux. Parce que si on a la croyance qu’on est nul… eh bien on sera nul. 
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Je signe en bas à droite sera disponible le 8 mars 2022 aux éditions Marielle C. au prix de 19,90 euros. Une sortie pour la Journée internationale des droits des femmes, "non, ce n'est pas un hasard", confie l'auteure.   Infos et commandes : https://mariellecazeaux.systeme.io/livre.

- C’est le message que vous transmettez dans votre livre et lors de vos ateliers de formation ?

Oui, je casse les préceptes de notre métier. Ces préceptes qui créent une réalité qui ne nous convient pas. Quand on débute, on nous dit que quand on monte notre business, il faut attendre trois ans avant de gagner de l’argent. Ça ne me convient pas. Dégageons tout ce qui ne nous arrange pas et reprenons notre libre-arbitre ! Tous les jours, j’entends des agents immobiliers me dire qu’ils détestent faire de la prospection, qu’ils n’y arrivent pas et qu’ils vont abandonner le métier parce qu’ils ne sont pas faits pour ça. C’est du bullshit. Tout ça n’est ni une question de capacités, ni une question de compétences. Arrêtez de croire tout ce qu’on vous a raconté. Soyez sceptiques de tout ce qu’on vous a appris. Il n’y a pas un Dieu de l’immobilier qui connaît le chemin à suivre pour y arriver. Il y a une multitude de chemins et nous avons chacun le nôtre.

- La prospection est une part importante du métier. Quels conseils donnez-vous à tous ceux qui vous disent détester ça ?

J’ai deux conseils. Le premier est simple : si vous ne le sentez pas, n’en faîtes pas. Qui peut réussir quelque chose qu’il n’aime pas faire ? Évidemment quand je dis ça, les gens font des bonds de six mètres parce qu’on nous a dit que si on ne faisait pas de prospection, on était mort. C’est gravissime ! On nous apprend que le pouvoir est à l’extérieur, qu’on ne l’a pas en nous.  Mon deuxième conseil s’adresse à ceux qui veulent quand même faire de la prospection : cherchez le type de prospection qui vous convient. Votre passion c’est la randonnée ? Inscrivez-vous dans tous les clubs de randonnée proches de chez vous et allez marcher tous les jours. Vous rentrerez des mandats sans même vous en rendre compte. On a la chance de faire un métier qui nous permet de rencontrer des clients partout.  Mais si on fait tous la même chose, on a des agents immobiliers lisses, “chiants”, qu’on ne remarque pas. Et des clients qui ne savent pas lequel choisir. C’est ce qui crée la concurrence alors que les choses peuvent être tellement plus fluides, tellement plus agréables. On nous apprend qui si on n’en bave pas, on ne peut pas réussir mais on ne nous apprend pas que si on y arrive facilement, c’est aussi une réussite.

- Quand on vous lit ou qu’on vous écoute, ça a l’air tellement facile… 

Parce que ça l’est. Si moi je l’ai fait, tous ceux qui le décident peuvent le faire aussi. Vous vous sentez empêchée mais vous ne l’êtes pas. La liberté est en vous. Entreprendre, c’est passer un engagement vis-à-vis de vous-même et décider ce que vous voulez vivre. Si vous ne faites pas ce qui est bon pour vous, qui va le faire ? À l’inverse, si vous êtes triste, vous pouvez nourrir cette tristesse pendant des années ou vous pouvez décider qu’elle n’est qu’une émotion passagère. C’est ça la facilité.

- En vous lisant, certains se diront pourtant qu’ils ont essayé, qu’ils ont échoué et que les choses ne sont pas toujours si simples.

Ça aussi, c’est une croyance et il faut la dégager car elle ne nous fait pas du bien. Comment ? En changeant nos habitudes, nos automatismes et tout ce qui relève de l’émotionnel. On prend 35 000 décisions par jour mais moins de 1% sont prises en pleine conscience. On a tous les mêmes mécanismes, on est tous faits pareil mais nous n’utilisons pas notre technologie interne de la même manière. Les sportifs de haut niveau réussissent grâce à leur mental. Ce qui est génial parce que ça signifie qu’on peut faire tout ce qu’on veut !

- Quel a été l’élément déclencheur pour vous ? 

Mon déclic est venu le jour où j’ai voulu racheter les parts de mon associée pour sauver l’agence que nous avions créée. J’étais alors entourée de jeunes qui débutaient dans le métier et qui ne savaient même pas ce qu'était un mandat. C'était la première fois de ma vie que je n’avais pas de plan, pas de vision, mais la conviction que nous allions y arriver. J’ai persuadé mon banquier et mon comptable de me laisser neuf mois de sursis avec cette seule conviction. Je me suis également montrée sincère avec mon équipe, j’ai partagé mes difficultés. Et j’ai découvert qu’il ne servait à rien d’avoir un masque ou une cape de Superwoman pour embarquer les gens. Résultat : on a doublé notre chiffre d’affaires en dix mois ! Le secret ? Tous ces jeunes étaient des sportifs et ils ont recréé en entreprise ce qu’ils vivaient dans le vestiaire : une famille qui kiffe ce qu’elle fait et qui veut gagner ensemble. Ils m’ont tout appris. Tout ce qu’on m’a transmis tout au long de ma carrière,  je le transmets aujourd'hui avec mon cœur, avec mes tripes. Je suis autodidacte, je n’ai pas de diplôme. Ce que j’enseigne, c’est du vécu.

Pour gagner en visibilité et décrocher des mandats

- Vous donnez la parole à dix-sept femmes… et deux hommes, c’est important de le souligner. Ont-ils été rapidement emballés par votre projet ? 

J’avais une légitimité à les solliciter car je savais que j’avais des choses à dire, une voix à porter. Je ne voulais pas faire une autobiographie centrée sur moi. C’est d’ailleurs pour cela que leurs noms apparaissent également sur la couverture du livre, en filigrane. Toutes ces femmes ont été honorées de témoigner car elles n’avaient jamais été mises en lumière. Pour tout le monde, ce livre s’est donc imposé comme une évidence. Bien sûr, j’ai rencontré des obstacles mais j’ai choisi de les voir comme des indicateurs qui me donnaient une direction. Pas comme des freins. C’est notre perception qui influence notre réalité. Si on met dix personnes dans une même pièce, toutes ne la verront pas de la même façon. Peut-être même pas de la même couleur. 

- Ces femmes “ordinaires” ont toutes des réussites extraordinaires. Un message d’espoir pour toutes celles qui rêvent de se lancer ?

Leur point commun, c’est qu’elles savaient toutes ce qu’elles voulaient vivre. Quand je demande aux femmes que je rencontre si elles sont heureuses, aucune ne me répond un grand “oui”. Le jour où on a ce déclic, on fait le tri dans nos relations, dans les métiers qu'on n’accepte plus d’exercer, dans toutes les sphères de notre vie… Et ça, ça ne demande pas du courage, ça demande de s’aimer. La vie n’est pas un combat, c’est un chemin. Écoutez ce qui frappe à votre porte. Tout est parfait. Les choses arrivent toujours au bon moment. 

- Vous avez choisi de ne pas retranscrire intégralement leurs témoignages mais plutôt de renvoyer les lecteurs vers leurs interviews audios et vidéos. Pourquoi ? 

J’ai passé des jours à retranscrire leurs témoignages à l’identique puis mes éditeurs m’ont dit que le livre ressemblerait à une sorte de bible et qu’on perdrait les lecteurs en chemin. Tout le contraire de ce que je voulais. Je veux vraiment que les gens aillent jusqu’au bout de ce livre. On a réduit la pagination pour qu’il soit hyper léger, qu’il s’emporte partout. C’est un livre qui se lit facilement, il n’y a pas de blabla. On rentre tout de suite dans le vif du sujet. J’écris comme je parle parce que je voulais que les gens me retrouvent telle que je suis dans la vie de tous les jours, je voulais créer un lien avec mes lecteurs. C’est un livre authentique, sans filtre. 

- On peut même davantage parler de “guide” puisque votre livre est pensé ainsi, avec des conseils, des entraînements, des blocs-notes. Au fil des pages, vous encouragez les femmes à entreprendre leur vie. 

Je me suis toujours considérée comme un guide pour mes clients. Ça fait 18 ans que je réalise les rêves de mes clients, en leur faisant changer de région, de quartier, ou juste de murs.  Aujourd’hui, je continue à le faire en leur faisant changer leur vision de la vie. Alors oui, ce livre est un guide. Et j’ai envie que mes lecteurs aient besoin de le voir au moins une fois dans leur journée. 

- Vous signez un livre pour les femmes. Vous vous défendez pourtant d’avoir écrit un livre féministe. Pourquoi ?

J’ai un idéal féministe mais je ne me retrouve pas dans l’idée du combat que mènent les féministes. Je préfère partager mes convictions.

- Les choses évoluent. Les femmes sont aujourd’hui très nombreuses dans les métiers de l’immobilier. N’empêche, on attend toujours plus des femmes, que ce soit dans le monde professionnel, en société, à la maison…

Quoi qu’on fasse, ça ne suffira jamais. Si on est mère au foyer, on nous reproche de nous faire entretenir. Si on mène une grande carrière, on nous reproche de ne pas nous occuper de nos enfants. L’extérieur nous renvoie constamment ces injonctions et c’est insupportable. Pour s’en échapper, il faut créer son propre écosystème, en s’entourant de gens qui nous inspirent, avec lesquels on est en phase. Existe ce que tu regardes. Et heureusement, il y a aussi des choses merveilleuses dans ce monde.   

Qui est Marielle Cazeaux ? 

Mariée, maman de deux fillettes, Marielle Cazeaux a fondé sa propre agence immobilière à tout juste 24 ans. Dix ans plus tard, elle est à la tête de sa société de formation en immobilier et de coaching en développement personnel. Je signe en bas à droite est le premier livre qu’elle commercialise mais le deuxième qu’elle publie. Le premier, intitulé Les marches de ma vie, “est un livre très personnel, qui retrace les trente premières années de ma vie. J’ai commencé à l’écrire en 2016, en pleine dépression. J’ai alors ressenti le besoin d’écrire. C’était ma thérapie personnelle”, confie l’auteure, qui s’est promis d’écrire les trente suivantes à l’aube de ses 60 ans…
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